10769.2 | Lettre de Lady Blanche Paulet à Frances Allen Jack

 
La plus récente version du plugin Flash doit être installée
Get Flash Player
Creative Commons License
Créer un nouveau duo
Lettre (jouet)
Lettre de Lady Blanche Paulet à Frances Allen Jack
Emma Carleton Jack
24 avril 1862, 19e siècle
Encre sur papier
11.5 x 15.2 cm
Don de E. Portia MacKenzie, 1962 (Emma Carleton Jack Memorial Collection)
10769.2
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
Description
Mots-clés : 
Sélectionner l'image (Votre sélection d'image est vide)

Commentaires des visiteurs

Ajouter un commentaire

Clefs pour l'histoire

Imaginez la surprise et la joie de Fanny Jack (1854-1913) lorsqu'elle reçoit une lettre de Lady Blanche Paulet, une aristocrate britannique ayant vécu en France, carrefour mondial de la mode. La lettre fait même mention du capitaine George C. Gordon, des Scots Fusilier Guards, qui avait posé avec l'oncle de Lady Blanche, Lord Frederic Paulet, pour la photographie carte de visite que la famille avait reçue un mois plus tôt. À son insu, la mère de Fanny, Emma Jack (1825-1895), avait élaboré un adroit stratagème pour doter la poupée d'une personnalité fictive et veiller à ce que sa fille reçoive un cadeau inestimable.

Mlle Fanny Allen Jack
Carrig Leagh
Saint John
Nouveau-Brunswick
Lettre rédigée à bord du
bateau à vapeur « America »
Le 27 avril

Vous serez sans doute étonnée de recevoir une lettre de moi, et le serez davantage en apprenant que j'ai l'intention de profiter de votre grande hospitalité et de vous demander de m'accueillir chez vous aussi longtemps que vous voudrez bien m'offrir le gîte. Mais, oh! très chère Fanny, je vous prie d'accéder à ma requête car je suis certaine que nulle part ailleurs pourrais-je trouver le bonheur et le repos que j'ai cherchés en vain (depuis que je ne suis plus qu'une orpheline sans défense ballottée par les vagues de la vie), qu'au sein de votre charmante famille où la quiétude, j'en suis convaincue par la description que m'en a faite mon cher oncle, n'est jamais troublée par les cris d'enfants bruyants et querelleurs qui sont terriblement oppressants pour une personne au tempérament nerveux comme le mien. Mais permettez-moi de vous expliquer les circonstances de ma venue en Amérique, qui n'est nullement due à une quelconque négligence de la part de mon oncle bien aimé, Lord Frederic Paulet, que non! C'est que je ne pouvais supporter l'idée de demeurer près de la scène de ma douloureuse perte, et l'hiver dernier, à mon retour de France où je venais de passer deux ans avec ma gouvernante, mon oncle m'a conseillé de me rendre dans les colonies et m'a promis de me laisser savoir s'il trouvait une gentille jeune fille qui saurait faire preuve de bonté à mon égard. Convaincu, après avoir fait votre connaissance, d'avoir trouvé en vous la personne qu'il recherchait, il m'a demandé de venir. Espérant que vous éprouverez pour moi la même affection que j'éprouve déjà pour vous, et vous priant de transmettre mon amour à votre jeune soeur, celle que vous appelez le « Petit chaperon rouge » dont mon oncle m'a souvent parlé, ainsi que mes amitiés les plus sincères au reste de la famille,
Je demeure votre tout dévouée,
Blanche Paulet

P.S. J'ai été peinée d'apprendre du capitaine Gordon, qui fait partie de l'état-major de mon oncle et pour lequel j'éprouve une grande affection, que votre soeur Edith n'aime pas les Écossais.

  • Quoi

    Le lettre de Lady Blanche laisse sous-entendre qu'elle aurait peut-être été écrite pour régler certains petits problèmes de comportement chez la propriétaire de la poupée.

  • L'America, qui a réellement existé, est parti de Liverpool, en Angleterre, le 19 avril 1862 et est arrivé à Halifax le 2 mai 1862.

  • Quand

    Emma Jack s'est donné beaucoup de mal pour faire coïncider l'arrivée de la lettre avec celle d'un véritable bateau, aux alentours de la date d'anniversaire de Fanny, le 5 mai 1862.

  • Qui

    En comparant l'écriture de la lettre de Lady Blanche avec celle d'autres lettres déposées aux dossiers de la famille Jack (MNB), il ne fait aucun doute qu'Emma Jack est bien l'auteure de la lettre.