Sur les rails du rêve national

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Introduction

William R. Morrison, University of Northern British Columbia, 2003

Si bien des Canadiens de moins de quarante ans n'ont jamais pris le train, il fut un temps où les chemins de fer étaient aussi indispensables à ce pays que les autoroutes et les avions le sont aujourd'hui. Non seulement ont-ils marqué l'avènement du transport et du commerce modernes, mais ils sont au coeur de la croissance du Canada en tant que nation. Du tout premier chemin de fer au pays, la Compagnie du chemin à lisses de Champlain et du Saint-Laurent, à la création de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, en 1918, les voies ferrées sont la clé de l'unification du pays.

C'est le chemin de fer qui a donné naissance au Canada moderne. Inaugurée en 1836 entre La Prairie et Saint-Jean, QC, la Compagnie du chemin à lisses de Champlain et du Saint-Laurent reliait Montréal à la vallée de la rivière Hudson et à New York via le Richelieu et le lac Champlain, améliorant grandement le commerce et le transport. Le Chemin de fer du Grand Tronc, inauguré en 1856, joignait Toronto et Montréal, permettant de franchir la distance entre les deux villes en quelques heures à peine. Auparavant, il fallait souvent compter plus d'une semaine pour effectuer le même trajet en carriole.

Mais les grands chemins de fer du Canada ont contribué autant à bâtir la nation qu'à stimuler le commerce. La construction de l'Intercolonial Railway, par exemple, était l'une des conditions pour que les provinces maritimes acceptent de se joindre à la Confédération. D'une longueur de quelque 1 100 km, il fut terminé en 1876 et reliait la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick au Québec et à l'Ontario. Cependant, le Canadien Pacifique, commencé en 1875 mais construit principalement entre 1881 et 1885 afin de relier l'Ontario à la côte du Pacifique, jouera un rôle encore plus déterminant dans l'avenir du nouveau pays. Sans la promesse d'un réseau ferroviaire transcontinental, la Colombie-Britannique n'aurait jamais accepté de faire partie de la Confédération, et il aurait été impossible de coloniser les régions que sont aujourd'hui les provinces du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta. La carrière politique d'hommes comme John A. Macdonald, George-Étienne Cartier et Francis Hincks (qui a déjà déclaré « le chemin de fer et ma politique ne font qu'un ») dépendait largement du succès de leurs projets ferroviaires.

Le Canadien Pacifique était plus qu'une simple ligne d'acier. Il faisait partie intégrante de la « politique nationale » du gouvernement fédéral dans les années qui ont suivi la Confédération. La compagnie était engagée à fond dans la vente des terres des Prairies, le tourisme et l'industrie hôtelière. Elle a en outre construit une flotte de bateaux à vapeur qui transportaient passagers et marchandises du Canada au Japon, à la Chine et vers d'autres pays. Au XXe siècle, la compagnie a étendu ses activités au transport aérien, aux télécommunications et à d'autres secteurs. De toute évidence, ce sont les chemins de fer qui ont permis au « rêve national » d'un Canada uni de devenir réalité.

Le circuit retracera la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique du centre du Canada à la côte Ouest, illustrant comment il a permis aux Canadiens de réaliser leur rêve d'unir leur pays d'un « océan à l'autre »